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Malaise dans les prisons



L'ampleur du mouvement de protestation des surveillants pénitentiaires a surpris. De fait, l'élément déclencheur, l'agression de trois surveillants dans la prison de  Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), jeudi 11  janvier, par un détenu armé d'une paire de ciseaux à bouts ronds et d'un couteau à beurre, avait un niveau de gravité relativement bas au regard des irruptions de violence qui émaillent tristement la vie carcérale. S'il y a toujours une part de stratégie syndicale, voire électorale, dans la façon de monter en épingle un événement plus qu'un autre, la réponse du terrain ne trompe pas sur l'état du climat social dans les prisons.


Les surveillants n'ont pas le droit de grève mais ont de nombreux moyens de gripper une organisation toujours proche du point de rupture : retards de 10 à 15 minutes des prises de service, barrage mené par des surveillants en repos et des -délégués syndicaux afin d'empêcher la venue des intervenants extérieurs, avocats et familles, et la  sortie des détenus pour un procès ou une audience avec un juge. Ils sont parvenus à perturber à des degrés divers le fonctionnement de 139  établissements pénitentiaires, lundi 15  janvier, et 96, mardi  16, sur les 188 que compte le pays.


 
La France souffre d'une surpopulation carcérale chronique dans des établissements mal entretenus, synonymes de conditions de travail dégradées et de conditions de détention indignes, génératrice de violences. Nos prisons sont ce que l'on veut qu'elles soient, un lieu où l'on préfère oublier ceux qui y sont, derrière les barreaux ou devant.


On peut s'étonner que le président de la République ait demandé un plan global pénitentiaire et non la garde des sceaux, occupée à ses chantiers de la justice. Il est opportun que les deux sujets soient abordés de front. Car c'est la justice qui envoie par dizaines de milliers des personnes en prison pour quelques mois alors qu'il est avéré que les courtes peines ne sont d'aucun -bénéfice. La durée moyenne de détention était, en  2016, de moins de dix mois.
Jean-Baptiste Jacquin / lemonde.fr
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Comme chaque année au mois de janvier, les correspondants et la rédaction du Monde dressent le panorama politique, économique et environnemental de l'année écoulée. 



La victoire d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle française, le 7  mai, a écarté le spectre d'une victoire de l'extrême droite dans un des principaux pays de l'Union européenne. Son activisme en faveur d'une nouvelle phrase de la construction européenne, son engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique, son opposition au style de dirigeants comme Donald Trump et Vladimir Poutine ont semblé pouvoir offrir à la France un rôle nouveau sur une scène internationale où la défaite de l'organisation Etat islamique en Irak et en Syrie paraissait devoir mettre un terme à un cycle de montée de la violence.



Mais l'agenda international en a, pour l'instant, décidé autrement. En Europe, l'extrême droite a repris sa marche en avant, entant au gouvernement en Autriche et faisant une entrée massive et fracassante au Bundestag en Allemagne, pour la première fois depuis 1945, prenant métho-diquement le contrôle de tous les pouvoirs en -Pologne – tout cela malgré les protestations, de plus en plus faibles, des institutions européennes, dont la réforme reste au point mort : Berlin -attend un gouvernement, Madrid est paralysé par la menace de sécession catalane, Rome par les élections à venir.



En Asie, la menace de conflit
L'année 2017 a connu un paroxysme de violence des catastrophes climatiques, avec les ouragans qui ont ravagé les Caraïbes, le golfe du Mexique, la mer de Chine, et les incendies qui ont frappé le Portugal ou la Californie. Mais Donald Trump a confirmé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris, dont les engagements restent de toute  façon insuffisants pour limiter vraiment le réchauffement.


La disparition du " califat " djihadiste a exacerbé les tensions entre les acteurs du conflit au Moyen-Orient, laissant libre cours aux diffé-rentes déclinaisons de la rivalité entre l'Iran et l'Arabie saoudite, au Yémen, au Liban, au Qatar, en Syrie. Moscou et Washington choisissent peu à peu leur camp, au risque de rallumer le souvenir de la guerre froide.


Mais, pour Donald Trump, l'ennemi de plus en  plus clairement désigné est la Chine, rival commercial et stratégique depuis les rives du Pacifique, Amérique latine comprise, jusqu'à celles de  l'Afrique, avec les " routes de la soie " que Pékin lance jusqu'en Europe de l'Est via l'Asie centrale, la mer de Chine et l'océan Indien. C'est en Asie que la menace de conflit, avec la crise des missiles nord-coréens, a été la plus forte en  2017. Bien loin de la France.
Antoine Reverchon

© Le Monde
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Tapisserie de Bayeux, un prêt diplomatique


Le chef-d'œuvre médiéval, actuellement exposé dans la ville normande, devrait rejoindre l'Angleterre en 2020
On estime généralement qu'elle aurait été réalisée, en deux ans, dans des ateliers dépendants de l'abbaye de Canterbury, dans le Kent. Elle est un témoignage unique, irremplaçable, sur la vie médiévale, au point que l'Unesco l'a inscrite au registre Mémoire du monde.


Nos amis britanniques ont la sympathique habitude de donner à leurs places, rues et squares des noms de défaites françaises : Waterloo ou Trafalgar, par exemple… 

La " Telle du Conquest ", comme on l'appelait autrefois, raconte une des rares tentatives réussies d'invasion de l'Angleterre – les précédentes, romaines puis scandinaves, n'ayant pas laissé de tels souvenirs ; les suivantes, françaises, espagnoles ou allemandes, ayant toutes échoué. 
Pourtant, l'annonce du prochain prêt par la France de la tapisserie de Bayeux à un musée anglais est loin d'être perçue comme une mauvaise manière par les Britanniques. De la droite à la gauche, l'initiative de Paris est présentée dans la presse comme une nouvelle manifestation de l'habileté du président à mettre en avant la France en maniant les symboles et à actionner une brillante et efficace diplomatie culturelle.

Le moment très particulier où est annoncé ce prêt français, marqué par les incertitudes du Brexit et le coup de froid dans les -relations avec les Etats-Unis – Donald Trump vient d'annuler sa visite à Londres –, donne au geste de M.  Macron un sens particulier. " C'est une chance pour nous de conforter la relation " avec la France, se réjouit Tom Tugendhat, président (conservateur) de la Commission des affaires étran-gères de la Chambre des communes.

Le temps d'une annonce " culturelle ", la stratégie agressive souvent prêtée à Emmanuel Macron pour avancer vers une Europe fédérale aux antipodes du Brexit et pour tenter d'attirer à Paris des institutions financières de la City est mise entre parenthèses. Car la tapisserie de Bayeux  marque la force du lien qui unit l'Angleterre au continent. A ce message lourd de sens en plein Brexit, le président français ajoute le symbole d'un geste d'ouverture à un moment de renouveau du nationalisme, où le Royaume-Uni s'interroge sur son futur statut dans le monde.

Philippe Bernard (avec Harry Bellet, à Paris)
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La télémédecine



Bientôt remboursée, la télémédecine devient réalité


Après des années d'expérimentations éparses, la télémédecine s'apprête à devenir une réalité pour une partie de la population française. Dans un avenir proche, des salles de téléconsultation pourraient, par exemple, ouvrir leurs portes dans les pharmacies dans les déserts médicaux. Dans ces territoires, des médecins pourraient aussi effectuer des consultations à domicile à distance, par écran interposé, avec le concours d'infirmières équipées d'outils connectés et sécurisés.
C'est avec la volonté d'améliorer l'accès aux soins, d'éviter des hospitalisations et de " diminuer le recours inutile aux urgences " 



Les nombreuses questions financières devront faire l'objet d'un accord alors même que l'enveloppe globale s'annonce relativement modeste, Jean-Paul Ortiz l'évaluant à 30  millions d'euros la première année. " L'enjeu n'est pas tellement de dépenses supplémentaires, car les téléconsultations se feront à la place de consultations existantes ", remarque Claude Bronner, président de l'Union généraliste à la Fédération des médecins de France. Les prévisions figurant dans la loi de financement de la " Sécu " pronostiquent 500 000 actes de télémédecine dès 2019 et 1,4  million en  2022.



. Or la loi de financement de la Sécurité sociale votée fin 2017 prévoie prévoyant  qu'une téléconsultation devra se faire exclusivement par vidéo, et via un canal sécurisé.
. " Le patient qui se connecte à son smartphone, c'est la prochaine étape, on pose les jalons ", espère Claude Bronner. Une proposition à laquelle Nicolas Revel oppose aujourd'hui une fin de non-recevoir. " Une téléconsultation, ce n'est pas une consultation par Skype ou FaceTime à partir d'un smartphone. Ce serait dénaturer ce qu'est une consultation médicale. "
François Béguin lemonde.fr
La politique française
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La fin du projet !



Notre-Dame-des-Landes : Un atterrissage maîtrisé




En effet, cela fait un demi-siècle que ce site a été retenu pour construire un nouvel aéroport régional, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes. Une zone d'aménagement différé (ZAD) a été créée dès 1974 pour l'accueillir. Mis en sommeil, le projet a été relancé en  2000 par le gouvernement Jospin et déclaré d'utilité publique en  2008 par le gouvernement Fillon.



Objet de quelque 180 recours (tous écartés par la justice), soutenu par bon nombre des élus locaux, approuvé à 55  % par les habitants de Loire-Atlantique lors d'une consultation en juin  2016, cet aménagement se heurtait à une opposition virulente : quelques centaines de " zadistes " radicaux qui occupent les lieux depuis des années et des militants écologistes (mais pas seu-lement) qui jugeaient le futur aéroport surdimensionné, excessivement coûteux et nuisible pour l'environnement. Bref, le dossier était dans l'impasse.



Pour en sortir, le gouvernement, premier ministre en tête, a donc tranché, sur la base d'un rapport d'experts qui lui a été remis il y a un mois et après d'intenses consultations avec toutes les parties prenantes. Mercredi 17  janvier, il a annoncé l'abandon du projet Notre-Dame-des-Landes et préconisé le -développement et la modernisation de l'actuel aéroport de Nantes.



L'opposition dénonce le défaut d'autorité de l'Etat qui a préféré -capituler devant quelques " zadistes " au détriment de l'intérêt général supposé. Quant aux élus locaux, largement favorables au projet, ils s'insurgent contre le mépris dont ils s'estiment victimes. lemonde.fr
 
La gastronomie
Les concours de cuisine, les bons restaurants, les nouveautés culinaires...


Le grand chef français Paul Bocuse, infatigable héraut du prestige tricolore et de sa propre renommée, est mort dans son sommeil, samedi 20 janvier à l’âge de 91 ans.

Un fils et petit-fils de cuisinier
Paul Bocuse appartient à une dynastie de cuisiniers qui remonte jusqu’au XVIIIe siècle. Son grand-père paternel était propriétaire du Restaurant Bocuse, à Collonges-au-Mont-d’Or, à 7 km de Lyon, quand ses grands-parents maternels tenaient l’Hôtel du Pont, situé à 400 m du précédent. En 1936, son père rachète ce dernier à ses beaux-parents, et le rebaptise Auberge du Pont. C’est dans cet établissement à la façade verte et rose, en bord de rivière, à Collonges-au-Mont-d’Or, qu’il est né le 11 février 1926, dans la même chambre qu’il habita jusqu’à sa mort.

Plus ancien « trois étoilé » du monde
En 1961, Paul Bocuse décroche le titre prestigieux de Meilleur ouvrier de France. L’année suivante, il obtient sa deuxième étoile, avant qu’une troisième ne le consacre en 1965 avec des classiques comme le jambon cuit au foin, la poularde en vessie, le rouget poché au pistou.

Ambassadeur de la « Nouvelle Cuisine »
Dans Paul Bocuse, le feu sacré (éd. Glénat, 2005), « Monsieur Paul » se définissait comme « un adepte de la cuisine traditionnelle », qui « aime le beurre, la crème, le vin », et pas « les petits pois coupés en quatre ». « Oui, sûrement, ma cuisine est ringarde », admettait ce bon vivant qui se régalait de « plats simples » comme le pot-au-feu ou le bœuf bourguignon.
Henri Gault et Christian Millau, qui viennent, à l’orée des années 1970, de fonder un magazine et un guide culinaire qui deviendra une référence, écriront à propos de Bocuse, après avoir goûté à sa simple salade de haricots verts al dente : « La Nouvelle Cuisine existe, je l’ai rencontrée. »

« Cuisinier du siècle »
Elu « cuisinier du siècle » en 1989 par le Gault & Millau, puis sacré « chef du siècle » en 2011 par le prestigieux Culinary Institute of America (CIA), Bocuse aura ouvert de nouveaux horizons à la gastronomie française, érigeant son nom en marque.
On afflue du monde entier pour déguster sa « poularde demi-deuil », son « gratin de queues d’écrevisses », ou sa « soupe VGE » aux truffes noires, un consommé à la truffe surmonté d’un dôme de pâte feuilletée, créé en 1975 pour la remise de sa Légion d’honneur à l’Elysée.

A la tête d’un empire
Grâce à une vingtaine de restaurants en France et à l’étranger, une résidence hôtelière, l’exploitation de produits dérivés… Pauls Bocuse bâti un empire générant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires.
En 1970, il lance l’association de la Grande Cuisine française, regroupant 14 membres. Elle attire de gros contrats (Air France, Servair…) et initie des voyages dans le monde entier, notamment au Japon, où la « bande à Bocuse » plante le drapeau tricolore en VRP de l’excellence française.

Personnage surdimensionné
Assumant de façon truculente sa mégalomanie, le chef a toujours géré sa notoriété avec le même allant : « On me reproche de prendre des poses à la César, mais ça c’est le théâtre, se défendait-il dans le numéro du mensuel Gault & Millau de janvier 1981. En fait, je suis très timide. Je ne sais jamais où mettre mes mains. Sauf avec les femmes. »

Polygame assumé
En 2005, il révèle dans Paul Bocuse, le feu sacré, (Glénat) écrit avec Eve-Marie Zizza-Lalu, qu’il mène une vie de polygame assumé. Trois femmes ont partagé sa vie. Raymonde, épousée en 1946, qui donne naissance en 1947 à leur fille Françoise, est Mme Bocuse, régnant depuis toujours sur la maison étoilée. Raymone Carlut, une ancienne directrice de clinique, lui donne ensuite un fils, Jérôme, reconnu par son père à ses 18 ans. Enfin Patricia Zizza, rencontrée dans les années 1970, est devenue son attachée de presse, fondatrice avec lui de la société Produits Paul Bocuse.
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