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La nouvelle présidente de la Francophonie
« Une survivante »
La vie de Louise Mushikiwabo est marquée par toutes les tragédies qui ont secoué le Rwanda le demi-siècle passé. Elle naît en 1961 dans une famille de petits propriétaires terriens, au moment même où commencent les persécutions à l’égard des Tutsi. Elle n’en réussit pas moins à passer le bac et devenir professeure d’anglais. Grâce à une bourse, elle part ensuite en 1986 aux Etats-Unis pour faire des études d’interprétariat. Un exil qui lui sauve la vie.
Lire aussi :   Louise Mushikiwabo : « A l’OIF, la jeunesse sera au centre de mon action »
La plupart des membres de sa famille n’ont pas réussi à échapper, en 1994, aux machettes et aux balles des extrémistes hutu. Son frère Landoald Ndasingwa, grande figure de l’opposition libérale, fut l’une des premières victimes du génocide. « C’est une survivante, elle en a l’efficacité et la détermination », souligne une universitaire qui la connaît bien. Le génocide n’a cessé de la hanter. Avec Jack Kramer, journaliste et ancien marine, elle y a consacré un ample récit, Rwanda Means the Universe : A Native’s Memoir of Blood and Bloodlines, publié en 2006.

Le régime rwandais ne s’est pas illustré non plus, ces dernières années, par la défense de la langue française. Il n’a cessé, au contraire, de prendre ses distances, en mettant fin à l’enseignement du français dans les écoles et en adoptant l’anglais comme langue nationale. Si elle manie un français parfait, Louise Mushikiwabo assure qu’il n’y a pas de contradiction entre la francophonie et ce choix de privilégier l’anglais. « C’est aujourd’hui la langue de la Silicon Valley, de la technologie, de la recherche, des réseaux sociaux. C’est une réalité et, par ailleurs, l’essentiel de l’activité économique du Rwanda se fait avec l’Afrique de l’Est », explique-t-elle au Monde. Une vision en accord avec celle du président français, qui se pose en héraut d’une « francophonie ouverte » aussi bien aux langues locales qu’à l’anglais.
La culture en France
La littérature, la musique, les nouveaux films, le théâtre...
La statue Bouquet of Tulips de Jeff Koons




Le bouquet of Tulips de Jeff Koons sera installé près du Petit Palais
L’installation à Paris de cette œuvre monumentale a suscité plusieurs polémiques depuis deux ans.

Christophe Girard, adjoint à la mairie de Paris chargé de la culture, a annoncé, vendredi 12 octobre, sur France Inter que le controversé Bouquet of Tulips de Jeff Koons serait, finalement, installé dans les jardins du Petit Palais, à Paris, et non sur l’esplanade du palais de Tokyo comme prévu initialement.
« Jeff Koons a fait un aller-retour à Paris hier, tout s’est fait hier », a précisé l’élu en rappelant que le lieu choisi se trouve près de l’ambassade américaine, qui a œuvré pour son installation.
Un « geste d’amitié » qui crée la discorde
La décision de l’équipe d’Anne Hidalgo d’accueillir la sculpture monumentale – de douze mètres de haut et de 33 tonnes – représentant un bouquet de fleurs colorées, a créé de multiples polémiques. L’œuvre a été offerte par le plasticien américain en 2016 par l’intermédiaire de l’ambassade américaine, comme « un geste d’amitié entre le peuple américain et le peuple français » après les attentats de 2015 et de 2016.
En janvier, des voix ont contesté à la fois son emplacement initialement envisagé entre le Palais de Tokyo et le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, son coût de 3,5 millions d’euros payé par le mécénat, l’intérêt artistique de l’œuvre ou encore la personnalité de l’artiste, l’un des plus cotés au monde.
Mais Anne Hidalgo tenait à voir aboutir le projet. « Vous imaginez la polémique internationale qu’aurait pu générer une position de la ville consistant à dire aux Américains : “nous ne voulons pas de votre cadeau”? », avait-elle demandé.
lemonde.fr
La politique française
Le président de la République, les ministres, l'opposition...
L'affaire Benalla


Comprendre l'affaire qui fait trembler la présidence Macron.

Alexandre Benalla est un collaborateur d'Emmanuel Macron. Lors d'une manifestation en marge du défilé du 1er-Mai, à Paris, il est filmé : équipé d'un casque à visière des forces de l'ordre alors qu'il n'est pas policier, en train de s'en prendre à un jeune homme, place de la Contrescarpe, à Paris. Le lendemain il est convoqué par le directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda, et n'écope que d'une simple suspension temporaire de quinze jours, présentée comme étant la plus "grave sanction jamais prononcée" à l'encontre d'un chargé de mission. Deux mois plus tard, l'homme est envoyé près du bus des Bleus lors de la descente des Champs-Elysées, pour assurer leur sécurité. Et ce, avant que Le Monde ne l'identifie et révèle cette affaire au grand jour.


Littérature
Les écrivains et leurs livres
Macron le Suédois






Code du travail, formation professionnelle, assurance-chômage, apprentissage, chemins de fer, prisons ou retraites, les réformes sociales engagées par le président Macron ont un point commun : elles sont toutes à des degrés divers d’inspiration nordique – une originalité dans l’histoire politique française.

Mais les équipes du président connaissent-elles vraiment les systèmes nordiques, les raisons de leur réussite et leurs limites ?
C’est tout l’enjeu du quinquennat, et ce livre est une invitation au voyage dans les pays du Nord (en particulier en Suède) pour découvrir la manière dont les questions économiques et sociales y ont été abordées.
Les réformes du président peuvent-elles aboutir ?
La fameuse flexisécurité nordique est-elle la solution à nos problèmes économiques ?
Les trains peuvent-ils mieux fonctionner après mise en concurrence des chemins de fer ?
Que valent les prisons ouvertes ? Qui va bénéficier de la réforme des retraites, ou en souffrir ?

Un livre essentiel pour découvrir où Emmanuel Macron nous emmène et ce qui nous attend dans les années qui viennent.
L'histoire
Les évènements passés
Le soixantième anniversaire de la V ème République


La 4 octobre 1958, la Ve République est promulguée. Quelques jours auparavant, le 28 septembre, les citoyens français étaient invités à adopter ou à rejeter la nouvelle Constitution. La victoire des partisans du « oui » fut écrasante : près de 80% des votants s’exprimèrent en faveur de cette Cinquième République. Des résultats qui témoignaient de la volonté de changer d'époque...


 


La Suède
Comment on voit l'actualité suédoise en France.
Suède : l’extrême droite « toujours persona non grata, pour le moment en tout cas »


Anne-Françoise Hivert, correspondante du Monde dans les pays nordiques, a répondu aux questions des internautes sur les résultats des élections législatives suédoises, qui se sont tenues dimanche 9 septembre.

À quel point une alliance droite-extrême droite est-elle possible en Suède ? Les SD sont-ils vraiment persona non grata dans la politique suédoise ?
Anne-Françoise Hivert : Une alliance gouvernementale avec eux est absolument impossible. La formation d’un gouvernement de droite (composé des conservateurs, centristes, chrétiens-démocrates et libéraux) qui s’appuierait sur le soutien des Démocrates de Suède (SD, extrême droite) est également exclue.
Lundi 9 septembre au matin, SD a envoyé une proposition de négociations aux conservateurs et chrétiens-démocrates. Ils y ont opposé une fin de non-recevoir. Les autres partis ont toujours dit qu’ils ne négocieraient pas avec SD. De son côté, SD refuse d’exercer un soutien passif – sans condition et sans influence – à un gouvernement de droite. Et les centristes et libéraux ont été très clairs : ils ne feront pas partie d’un gouvernement qui, à un moment ou à un autre, pourrait se retrouver en position de dépendance à l’égard de SD. Donc, la seule solution pour le moment est un rapprochement avec la gauche. Mais c’est un scénario également très compliqué…
En résumé : SD est toujours persona non-grata. Pour le moment en tout cas. Mais les lignes ont bougé pendant la campagne, avec certains partis qui ont clairement repris la rhétorique de SD. Le parti, évidemment, s’en réjouit, estimant qu’il ne serait pas difficile de trouver un accord, sur l’immigration et le durcissement des peines notamment, avec les conservateurs et les chrétiens-démocrates.

Quelles sont les principales propositions de l’extrême droite suédoise ? Ils poussent pour un « Suéxit » aussi ?
A.-F. H. : Oui, ils veulent que la Suède sortent de l’UE. Mais ce n’est pas une de leur priorité immédiate. Ils demandent un durcissement supplémentaire de la politique de l’asile, plus de policiers dans les rues, plus d’argent aux retraités (une baisse des taxes sur les retraites), des investissements dans le système de santé… Ce sont sur ces points qu’ils voudraient obtenir une influence en échange d’un soutien potentiel à un gouvernement de droite. Par ailleurs, ils ont un programme étoffé en faveur de l’assimilation des étrangers, l’aide au retour des immigrés (y compris qui vivent en Suède depuis longtemps)…

Bonjour, l’immigration en Suède a-t-elle augmenté ces dernières années ?
A.-F. H. : Oui. Enormément. La Suède a accueilli près de 450 000 demandeurs d’asile depuis 2010. Environ 60 % ont obtenu un titre de séjour. C’est sans compter avec les personnes arrivées via le regroupement familial. Rien qu’en 2015, le pays de 10 millions d’habitants a reçu 163 000 demandeurs d’asile en une année – un des taux les plus élevés en Europe proportionnellement à la population du pays. Pour vous donner un ordre d’idée, 18,5 % de la population suédoise est aujourd’hui née à l’étranger. Le chiffre était de 11,3 % en 2000, 14,7 % en 2010.

La politique migratoire suédoise s’est-elle durcie ? La Suède pousse-t-elle également à un durcissement des contrôles aux frontières de l’UE ?
A.-F. H. : Oui, la politique migratoire du pays a radicalement changé depuis le 24 novembre 2015, quand le premier ministre Stefan Löfven et la porte-parole des Verts, Åsa Romson (en pleurs), annoncent, lors d’une conférence de presse, que les capacités d’accueil de la Suède sont saturées et que tant que le reste de l’UE ne prend pas ses responsabilités, ils ferment les frontières du pays.
Jusqu’alors, les réfugiés syriens et afghans notamment obtenaient quasi-systématiquement l’asile et un permis de séjour permanent. Ils sont remplacés par des permis de séjour temporaire. le regroupement familial est quasiment suspendu et soumis à de strictes conditions.
Le gouvernement a par ailleurs décidé de généraliser les examens médicaux pour déterminer l’âge des mineurs isolés - des examens pourtant extrêmement controversés. Résultat : en 2015, la Suède a reçu 162 877 demandeurs d’asile. En 2016, on est descendu à 28 939 et 25 666 en 2017. Au niveau européen, Stockholm ne pousse pas en faveur du renforcement des frontières, mais d’un système de partage entre les différents pays.

Pourquoi parle-t-on tellement de la Suède aujourd’hui alors qu’i s’est passé la même chose dans les pays voisins avec le Fremskridtparti en Norvège qui gouverne toujours avec Erna Solberg et la Finlande avec le parti des Vrais Finlandais. La Suède est plus importante ?
A.-F. H. :
Non. Mais en Suède, l’extrême droite n’a pas les mêmes racines que dans les pays voisins. Les Démocrates de Suède ont été créés par d’anciens nazis. Ils ont longtemps attiré des sympathisants néonazis. Ils ont encore des sympathisants qui ont des contacts avec la mouvance néonazie en Suède. Ce n’est pas le cas dans les autres pays.
Par ailleurs, les partis traditionnels avaient jusqu’à présent refusé de leur accorder la moindre influence, pratiquant la politique du cordon sanitaire. On se rend compte aujourd’hui que cette stratégie n’a pas été plus efficace que de les utiliser comme contrepoids au gouvernement (dans le cas danois) ou les intégrer au gouvernement (en Norvège).
Enfin, il y a aussi je pense une certaine curiosité pour ce qui se passe dans ce pays qui longtemps a défendu l’ouverture de ses frontières et l’accueil des réfugiés. Avant de revenir en arrière en novembre 2015.

En tant que correspondante, avez-vous vu le pays et les mentalités changer ces derniers temps en Suède ? Et si oui, dans quel sens ?
A.-F. H. :
C’est surtout la rhétorique qui a changé, notamment dans le débat politique. Et cela s’est passé très vite. Jusqu’en 2015, certaines choses ne se disaient pas, au risque d’être taxé de « raciste ». Par exemple, poser la question de l’impact de l’accueil des réfugiés sur le système social suédois. Y compris quand le pays recevait 10 000 demandeurs d’asile par semaine.
Le débat s’est radicalement transformé à partir de 2015, quand les partis traditionnels se sont mis à reprendre certaines formulations des SD, à parler de quotas, à lier l’arrivée des réfugiés à la criminalité… Autre chose enfin a changé ces dernières années : les Suédois osent désormais dire tout haut ce qu’ils se contentaient de penser tout bas. Et les électeurs et sympathisants SD l’assument. La Suède s’est « européisée ».

Est-il exact que Malmö est devenue la capitale européenne des attaques à la grenade ?
A.-F. H. :
Malmö est surtout devenue un symbole pour l’extrême droite et les médias ultraconservateurs du monde entier, qui veulent en faire l’exemple de l’échec cuisant du multiculturalisme. De fait, Malmö a des problèmes, notamment en termes de ségrégation et de criminalité. Dix personnes ont été tuées dans des fusillades, depuis le début de l’année – il s’agissait de règlements de compte entre membres de divers gangs. Le sentiment d’insécurité augmente, même si les statistiques de la criminalité restent stables, voire baissent légèrement. Cela étant, Malmö est aussi une ville où il fait bon vivre. Mais elle est utilisée par des sites comme Russia Today, Sputnik, ou Breitbart et Infowars pour propager un message souvent très islamophobe.
Prix Nobel alternatif





Le jury du prix Nobel de littérature alternatif a choisi de sacrer l'auteur guadeloupéenne. Elle recevra son prix le 9 décembre prochain. Une récompense dotée de près de 100.000 euros, soit un dixième de la récompense officielle.
«Il n'y aura pas de prix Nobel de littérature en 2018». L'annonce avait fait l'effet d'une bombe en mai dernier. La décision avait été prise par l'institution suédoise à la suite des révélations d'accusations de viols et agressions visant l'époux français d'une académicienne. Une première depuis 1949. En réaction à cette suspension, une centaine de personnalités suédoises s'est ainsi rassemblée au sein d'une «Nouvelle académie» afin d'organiser un prix «éphémère»: un Nobel de littérature alternatif qui vient d'être décerné à la romancière guadeloupéenne Maryse Condé.



«Dans ses œuvres, avec un langage précis», Maryse Condé «décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme», a fait valoir l'institution lors de l'annonce du prix à la Bibliothèque publique de Stockholm.
Née en février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), l'ancienne hypokhâgneuse et étudiante à la Sorbonne Maryse Condé a publié une trentaine de romans portant notamment sur l'esclavage et l'Afrique, ainsi que des pièces de théâtre et des essais. Elle a reçu plusieurs prix tout au long de sa carrière littéraire. Notons le prix de l'Académie française pour La Vie scélérate en 1988, le prix Marguerite-Yourcenar pour Le Cœur à rire et à pleurer en 1999, le prix Tropiques de l'Agence française de développement (AFD) en 2007. Souvent pressentie pour le prix Nobel de littérature, elle ne l'a encore jamais reçu. En 2015, elle faisait partie avec Alain Mabamckou des écrivains retenus pour le Man Booker International Prize.
«Je suis très heureuse et très fière d'avoir ce prix mais permettez-moi de le partager avec ma famille, avec mes amis et surtout avec tous les gens de la Guadeloupe [...] qui seront émus et heureux de me voir récompensée», a-t-elle réagi dans une vidéo, peu après l'annonce.
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